BIENVENUE SUR LE SITE DE PHILIPPE DANVIN, AUTEUR DRAMATIQUE

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SC. 1 : Marie, Thérèse puis David   Revenir à la pièce

MARIE, rentrant. – Elle me gêne. Mais pourquoi avoir engagé une femme de chambre ?

THERESE, même jeu. – C’est un signe extérieur de richesse.

MARIE. – Un signe extérieur de richesse ?

THERESE. – Parfaitement. Ainsi, on nous croit riches.

MARIE. – Nous ne le sommes plus ?

THERESE. – Plus pour longtemps. Ce mariage est notre dernière chance puisque la faillite semble inéluctable.

MARIE. – Tu en es sûre ?

THERESE. – Aussi sûre qu’un et un font deux et que tous les chiffres de nos livres de compte sont dans le rouge.

MARIE. – Mais je ne pourrais jamais vivre pauvre. Il n’y a pas de solution ?

THERESE. – La solution, c’est ton mariage avec cet écervelé de Thomas qui croit tout comme le saint du même nom…

MARIE. – Maman, je t’en prie, ne te moque pas de lui.

THERESE. – … et qui le fils d’un gros industriel qui renflouera nos caisses.

MARIE. – Tu as une vision très romantique du mariage.

THERESE. – Réaliste seulement : qui se marie encore à l’heure actuelle ?

MARIE. – Moi…un peu contrainte et forcée par le poids de la famille.

THERESE. – Et par ton ventre qui va bientôt s’arrondir. Puisque tout en fréquentant Thomas, tu as visiblement batifolé avec un illustre inconnu…

MARIE. – Disons que je préfère qu’il le reste.

THERESE. – …qui serait le père de ton futur enfant. Autant faire endosser à saint Thomas la paternité, il n’ira pas demander un test.

MARIE. – Qu’en sais-tu ?

THERESE. – Je suppose qu’il ne doute pas. Donc, il s’est forcément passé des choses avec lui.

MARIE. – Maman, je porte le prénom de la Vierge mais je n’ai pas attendu l’intervention divine..

THERESE. – Ne fais jamais ce genre de réflexion devant ta tante : tu sais comme elle est bigote.

MARIE. – Il n’y a pas qu’elle pour que tonton soit devenu curé.

THERESE. – Si tu avais mieux connu tes arrière-grands-parents, tu comprendrais : ils seraient allés jusqu’au Vatican à pieds rien que pour apercevoir le pape.

MARIE. – Heureusement que tu n’es pas rentrée dans les ordres, je ne serais pas là pour en parler.

THERESE. – Je suis croyante et pratiquante mais je me relâche de temps en temps. Et il m’arrive de jurer, nom de Dieu ! (Le curé rentre alors.) Au nom de Dieu, Marie, au nom de Dieu tu t’engageras…

DAVID. – …avec Thomas par les liens sacrés du mariage dans deux jours déjà alors que c’était initialement prévu dans trois mois…mais pourquoi tant de précipitation ?

THERESE. – Elle…elle n’en peut plus.

DAVID. – Elle n’en peut plus ?

THERESE. – Elle est jeune et sa…sa libido la travaille.

MARIE, surprise. – Ma libido ?

DAVID, se signant. – Sa libido ? Mon dieu ! Mais elle n’a qu’à prier.

MARIE. – J’ai…j’ai essayé…mais ça ne fait pas le même effet.

DAVID, même jeu. – Pas le même effet ? Mon dieu !

THERESE. – Mais oui, enfin, David, tu dois quand même le savoir…mais oui, tu le sais…

DAVID, même jeu. – Oui…bon…ne nous étendons pas sur le sujet…c’était il y a bien longtemps.

THERESE. – Et ça ne fait pas le même effet.

DAVID, même jeu. – Mon dieu, ma sœur…

THERESE. – Arrête de m’appeler « ma sœur », j’ai l’impression d’être une nonne au lieu d’être ta sœur.

DAVID. – Justement, j’appelle « ma sœur » ma sœur.

THERESE. – Et je ne suis pas une nonne…enfin tu m’as comprise.

MARIE. – Les voies du Seigneur sont impénétrables…Non, réflexion faite, je vais aller prier.

THERESE. – C’est ça, ça calmera ta libido. (Marie sort.)

 SCENE 2 : THERESE, DAVID puis LAETITIA 

DAVID, même jeu. – Sa libido ? Mon Dieu, ma sœur !

THERESE. – Arrête de m’appeler ma sœur !

DAVID. – Pardon, ça m’a échappé…Tu sais, Thérèse, je suis très heureux de pouvoir marier Marie, notre famille est vraiment un exemple dans un monde sans foi ni loi.

THERESE. – Tout le plaisir est pour nous.

DAVID. – Et c’est un plaisir également de passer quelques jours près de vous.

THERESE. – Surtout que tu t’es fait rare depuis ton départ.

DAVID. – Tu sais que j’avais des raisons de ne pas revenir.

THERESE. – Et pas de souci pour te loger dans cette grande maison, ça aide d’avoir des parents qui ont réussi.

DAVID. – A propos, les affaires vont toujours bien ?

THERESE. – Très…très bien.

DAVID. – Tu es sûre ? Je te sens hésitante.

THERESE. – Je…je n’ai pas envie d’en parler…étaler toute notre richesse alors que toi, tu as choisi une autre vie.

DAVID. – Ce n’est plus l’Eglise des premiers temps, je ne vis pas dans le dénuement.

THERESE. – Toutes ces histoires d’argent ne feraient que te distraire de ta mission spirituelle.

LAETITIA, rentrant. – Veuillez m’excuser, Madame, Monsieur.

THERESE, désignant David. – Laetitia, on ne dit pas « Monsieur » mais « Mon père ».

LAETITIA. – Mais mon père, il est à la maison et je l’appelle papa.

DAVID. – Mon enfant…

LAETITIA. – Mais je ne suis pas votre fille.

DAVID. – Je le sais, c’est une façon de parler.

THERESE. – Laetitia, quand vous vous adressez à un prêtre, vous l’appelez « Mon père »…

DAVID. – Et quand je m’adresse à vous, je vous appelle « Ma fille » ou « Mon enfant » comme j’appelle ma sœur « Ma sœur ».

THERESE. – Non, pas ma sœur, justement.

LAETITIA. – Dites, c’est vraiment compliqué votre truc, j’ai rien compris.

DAVID. – Ecoutez  ma fille…

LAETITIA. – Mais puisque je vous dis que je ne suis pas votre fille.

DAVID. – Ecoutez, Laetitia, simplifions : appelez-moi monsieur et n’en parlons plus.

THERESE. – N’en parlons plus en effet mais pourquoi nous avoir dérangés, Laetitia ?

LAETITIA. – Pour dire à Madame que le parrain de mademoiselle Marie avait téléphoné.

THERESE. – Ah bon ! Et pourquoi ?

LAETITIA. – Comme il arrivera demain soir et prendra son petit-déjeuner ici samedi matin, il demandait qu’on aille acheter du pain sans gluten.

DAVID. – Du pain sans gluten ?

THERESE, à David. – C’est vrai qu’aux dernières nouvelles, il y était devenu intolérant.

LAETITIA. – Et il voudrait qu’on achète un pain spécial.

THERESE. – Eh bien, ça promet pour le mariage : il y aura fatalement du gluten au menu.

DAVID. – Le pauvre, il doit porter sa croix.

THERESE. – Nous la portons tous, David.

DAVID. – Oui, ma sœur.

THERESE. – Tu le fais exprès ?

DAVID. – Mais non, ça m’a échappé.

LAETITIA, à David. – Mais pourquoi ne pouvez-vous pas appeler « ma sœur » votre sœur ou votre sœur « ma sœur » ? …Enfin, vous m’avez comprise.

DAVID. – Ecoutez ma fille…

LAETITIA. – Mais puisque je vous répète que je ne suis pas votre fille.

THERESE, énervée, à Laetitia. – Sortez ma fille.

LAETITIA. – Mais je ne suis pas la vôtre non plus.

DAVID/THERESE, en chœur. – Sortez.

LAETITIA. – Bien, je sors mais j’ai toujours rien compris. (Elle sort mais revient aussitôt.) Madame, il y a aussi autre chose.

THERESE. – Quoi donc ?

LAETITIA. – Mon frère a téléphoné.

THERESE, se déplaçant très vite vers elle et en aparté. – Soyez discrète, ma fille.

LAETITIA, en aparté également. – Encore « Ma fille » ? Mais je vous répète...

THERESE, en aparté. – Vous le faites exprès ! Que demande-t-il votre frère ?

LAETITIA , même jeu. – S’il faut parier 500 ou 1000 € ?

THERESE, même jeu. – Mille, je dois me refaire. Et Arsenal va gagner, c’est sûr ?

LAETITIA. – Les doigts dans le nez, vous verrez.

THERESE, même jeu. – La dernière fois, Chelsea allait aussi gagner les doigts dans le nez...

LAETITIA, même jeu. – Il y a eu deux goals sur hors-jeu. Il demande aussi quand il va avoir l’argent.

THERESE, même jeu. – Allez-y, je vous rejoins dans cinq minutes.

LAETITIA. – Bien Madame. (Laetitia sort.)